Libère, t’as rien

“C’est l’histoire d’un mec. Un mec normal. Un mec qui après avoir travaillé dans un domaine qui fait s’hérisser le poil des onanistes du tertiaire, comme ouvrier, ou artisan, décide de s’acheter un terrain. Sur ce terrain, ce mec décide de construire une maison, avec un jardin. Dans ce jardin, il décide de planter des arbres. Forcément, d’autres onanistes, qui sont aussi férus de racket et de poucave, décident de lui dire que ses arbres gênent le soleil, ou qu’il n’a pas le droit, ou une autre connerie du genre. Après avoir nagé dans une rivière de merde administrative, il réussit à planter quelques pommiers. Vu qu’il a le droit de faire ce qu’il veut, il s’occupe bien de ses arbres, ils donnent plein de fruits. Sacrilège. Des pommes avec un goût de pomme. “

Fort en pomme

“Ses amis, qui veulent son bien, et ne se rendent pas compte du crime qu’ils vont lui faire commettre, lui conseillent d’utiliser son temps libre pour vendre ses pommes. Ce mec, qui comme un gland se dit que ces pommes sont ses pommes, décide de les vendre. Trouve un marché. Paye le droit de les vendre à la mairie. Paye le droit de les vendre au président. Paye la mairie un emplacement. Et paye encore le président sur chaque pomme qu’il vend. Parce que. Mais même avec ça, il arrive à se faire un peu d’argent. J’aime bien, se dit-il. Alors il plante plus d’arbres. Paye encore plus, et en vend plus, et paye encore plus. Qui ça ? Tous ceux qui n’ont absolument rien à voir dans son commerce évidemment. Une mairie qui ne lui fournit aucun matériel. Un marché qui ne l’aide pas à promouvoir son commerce. Un gouvernement qui ne l’aide pas dans le transport. Parce que. Mais même avec ça, petit à petit, il arrive à vendre encore plus de pommes. Parce qu’étonnamment, lorsque les pommes ont un vrai goût de pomme, les gens aiment bien. Forcément, il faut maintenant faire face à ceux qui vendent des pommes de merde. Moins chères, mais de merde. Alors le mec normal doit faire face à une horde de contrôles, sur ses arbres, sur son étal, sur son camion. Alors il doit payer, des amendes des fois, des améliorations, d’autres fois, pour être aux normes. Aux normes de qui ? Aux normes de ceux qui disent qu’il faut des normes.”

Un petit peu plus un petit peu …

” Petit à petit, le mec normal se prend au jeu. Et vend de plus en plus de pommes. Alors oui, il doit payer de plus en plus. A tout le monde. Surtout au gouvernement. Parce que. Donc il décide d’employer un chauffeur. Un gars qui va conduire son camion jusqu’au marché. Un autre type qui lui ressemble plus qu’un gars avec un costard trop petit qui boit des bières trop chères. Et après ça, pour gérer un stand plus grand, sur un marché plus grand, il doit employer un vendeur. Un petit jeune qui chercher à utiliser son bagou pour nourrir sa famille. Et tout roule. Arrive là, notre première intercalaire. Un type qui va venir convaincre notre mec normal que pour convaincre les gens d’acheter ses pommes à lui, plutôt que les pommes moins chères et de merde, il faut que lui, et son diplôme de marketing, fassent de la promotion. Mais les gens achètent déjà mes pommes, dit le mec normal. Mais pas assez ! Dit le scrotum à haute énergie à connerie. Alors il s’introduit. Arrive ensuite une nana qui n’a pas eu d’assez bonnes notes pour être comptable, et est trop fragile pour être sa propre boss, qui va convaincre notre mec normal que ses employés, ne devraient pas lui parler à lui, mais plutôt lui parler à elle. Et elle, et va transmettre ce qu’ils lui disent. Mais pourquoi, dit le mec normal, je peux leur parler directement. Mais parce que, dit la nana. Après ça, un autre type dit à notre mec normal que tous ces types qui viennent l’emmerder avec les normes, il devrait les gérer. Mais pourquoi, dit le mec normal, si je peux leur parler directement ? Mais parce que, dit le type. Et toute cette bande s’introduit. Et avec tout ce beau monde, qu’il faut apparemment payer une fortune, naît un groupe qui va dire au mec normal, que pour les protéger de lui, il faut que les employés leur fassent confiance, au cas où. Au cas où de quoi, dit le mec normal. Au cas où tu fais pas ce qui est bien ce qu’on dit qui est bien, dit le groupe. Qui bizarrement s’habille beaucoup en rouge parce que, ils disent, ça permet de défier les taureaux, alors qu’ils ont jamais vu de taureaux de leur vie. Bref. ”

Ça fait un gros petit peu

Le mec normal ,qui est parti de quelques pommiers dans son jardin, a maintenant dans son groupe, une trentaine de personnes. Sur les trente personnes, seulement cinq ou six, bossent pour de vrai. Ils récoltent les pommes. Ils les emmènent au marché. Ils les vendent. Et parmi tous ces mecs qui veulent juste travailler pour le mec normal. Parmi toutes ces pages qui s’écrivent sous la main du mec normal, il y a toutes ces intercalaires qui sont la punition de l’époque, la punition de la désobéissance de ne pas être un pion. La punition de vouloir être un joueur dans un monde qui ne veut que des non joueurs. Tu ne veux pas être quelqu’un, dans un monde où il faut être personne. Si tu ne vas pas à la connerie, la connerie viendra à toi. C’est ça le mal de notre temps, le fait que les sert à rien dirigent le monde.”

”Mais Papa, c’est pour ça que Maman est partie ? ”

”Non, Maman est partie parce que c’est une s …


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